Keiko Abe

Keiko Abe

S’il ne fallait citer qu’un(e) marimbiste, ce serait sans conteste la grande artiste japonaise Keiko Abe. En effet, c’est grâce à son charisme, sa virtuosité et le répertoire qu’elle promeut encore avec tant d’énergie que le marimba a véritablement gagné ses lettres de noblesse.

Biographie

Formation

Keiko Abe est née à Tokyo le 18 avril 1937 et commença très jeune l’apprentissage du xylophone, notamment avec son professeur Eiichi Asabuki. Elle se perfectionna ensuite à l’université de Tokyo (Tokyo Gakugei University) et obtint successivement les diplômes de Bachelor et de Master.

Débuts professionnels

Keiko Abe commença sa carrière de professionnel dés l’âge de 14 ans en tant que soliste (des instruments à clavier) à la radio NHK (radio nationale du Japon). Après 6 ans d’activité au sein de la NHK, elle se consacra entièrement au marimba en devenant marimbiste freelance (indépendante) et donna quelques enregistrements pour la télévision tout en continuant à renforcer certains orchestres comme musicienne supplémentaire.

Le début de la gloire

En 1968, Keiko Abe donna le premier récital de marimba dans le cadre d’un concert de musique classique. Ses récitals, regroupés sous le nom de Keiko Abe Evening of Marimba ont eu lieu au Japon. Ils étaient exclusivement composés de pièces écrites pour le marimba et comportaient notamment quatre créations mondiales. Pour cette initiative, l’artiste reçut le prix du Fine Arts Festival Excellence Award.

Activités artistiques jusqu’à aujourd’hui

Depuis, l’action de Keiko Abe ne cesse de se diversifier. Elle exerça notamment les titres de Professeur de marimba à l’Université d’Utrecht, à Haute École de Musique de Stuttgart et au Conservatoire de Shanghai. Elle enseigne encore au Toho Gakuen School of Music de Tokyo, poste qui lui fut attribué en 1993. Il serait vain de vouloir dresser un tableau exhaustif de toutes les activités de l’artiste japonaise. On s’en tiendra donc aux informations fournies par son site officiel, quelques chiffres valent parfois plus qu’un long discours :

  • Elle remporta le prix du Fine Arts Festival Award en1968, 1969, 1971, 1974, 1976 et 1989.
  • Elle remporta le titre très envié de Percussive Arts Society Hall of Fame en 1993.
  • Plus de 80 pièces lui sont dédiées.
  • Elle a crée plus de 70 pièces pour son instrument.
  • Elle a produit plus de 50 enregistrements.
  • Elle a réalisé plus de 186 créations mondiales.
  • Elle a enseigné et s’est produite dans des Master classes dans plus de 90 établissements musicaux à travers le monde.
  • Elle a participé a plus 50 festivals internationaux.
  • Elle s’est produite en tant que concertiste dans plus de 200 concerts.
  • Elle a donné plus de 3000 récitals.
  • Elle a donné plus de  500 concerts de musique de chambre.
  • Elle a donné plus de 50 concerts de musique jazz.

L’influence de Keiko Abe

La marimbiste a largement ouvert les portes des concerts classiques à son intrument fétiche — non seulement pour elles mais pour les ses pairs —, cependant, son importance dans l‘histoire du marimba revêt également d’autres formes.

Facture du marimba moderne

Elle participa à la conception du marimba moderne en partenariat avec Yamaha dés 1963 en insistant notamment sur la nécessité d’élargir la tessiture de l’instrument et d’obtenir un son homogène sur toute l’étendue de celle-ci. Yamaha commença la production de marimbas dans les années 1970 et les toutes premières baguettes produites par la firme portent la signature Keiko Abe.

Répertoire et technique de jeu

Les compositions de Keiko Abe, à mi-chemin entre la musique traditionnelle japonaise et la musique savante (Variation on Japanese Children’s Songs), ont véritablement fait école dans leur recherche d’une écriture proprement marimbistique pour quatre baguettes, notamment dans l’utilisation de pattern (formules typiquement marimbistiques qui naît de l’action combinée des quatre baguettes) et de mode de jeux insolites (par exemple utilisation des manches sur la tranche de la lame). En fait, Keiko Abe a contribué de manière décisive au développement de la virtuosité sur le marimba, notamment par le perfectionnement du jeu à 4 baguettes ; l’une des trois position pour tenir quatre baguettes avec les mains, la plus ancienne dite « traditionnelle », a été  largement popularisé par l’artiste japonaise et reste encore utilisée de nos jours.

Le mot de la fin: